Leadership: 7 Signes que votre Entreprise prend l’eau

L’Equipe n’allant aussi vite que son maillon le plus lent,

Les 7 Signes que votre Entreprise ne se porte pas aussi bien que vous le pensez (i) Comment prendre conscience des signaux qui devraient vous alerter et (ii) quelques conseils pour décupler le potentiel de vos équipes (iii) afin de booster les performances de votre compagnie.

Une meilleure performance dans le secteur privé, passe d’abord par un travail de coaching personnel, d’éveil et de sensibilisation des PDGs, cadres et comités de direction avant de se lancer dans toutes sortes de grandes et onéreuses réformes collectives qu’ils seront amenés à piloter.

1-Lutte des générations :

Phénomène connu depuis la Préhistoire, les sociétés humaines et entreprises collectives connaissent toutes la Dynamique du conflit trans-générationnel :

Source de richesse et d’évolution lorsque les canaux de communication sont sains et transparents et que l’appréciation est mutuelle entre les individus de générations différentes, cet échange peut vite se transformer en une lutte inconsciente gravée dans le psychisme des leaders ayant du mal à déléguer et à faire confiance ; car ne voulant pas admettre face à soi-même d’abord et à leurs seconds ensuite les limites de leurs compétences.

Les Lutteurs
Alexandre Falguiere (1831-1900) Les Lutteurs  Grand Palais

L’essence même de la délégation étant non seulement pour des raisons de gain, de temps ou souci de confort mais aussi par acceptation qu’autrui possède des outils/compétences que le déléguant ne possède pas/plus. D’où le statut d’expert qui lui est alors concédé de par son expérience et son savoir-faire attestés par ses résultats et les performances qui lui sont demandées.

2- « Condescendance-reflexe »  et Handicap Technologique poussé des cadres :

Une des caractéristique positive du leader par opposition au « boss » tyrannique  est son attitude par rapport à ses limites et aux domaines qu’il ne connait pas. Ayant été éduqué dans un monde en mutation permanente, ou dans des environnements où la seule constante est le changement, le leader investit dans la mise à jour de ses compétences et celle de ses équipes, grâce à des stages, séminaires, lectures et intervention de coachs etc..

Aussi, le leader assume ses échecs et sait féliciter les membres de son équipe qui réussissent.

olympia-Manet
Olympia – Manet – Musée d’Orsay 1863

Le « boss tyrannique » quand à lui aurait tendance à camoufler en permanence son incompétence sous une mauvaise humeur chronique et une condescendance automatique vers tout ce qui est nouveau et qui ne vient pas de lui. Rigidité monolithique et certitude de détenir La seule Vérité sont autant de signes qui devraient alarmer dans le monde des entreprises qui se veulent modernes et agiles.

Un « boss tyran» n’assume presque jamais ses erreurs, cherche des boucs-émissaires et prend souvent le crédit à la place des autres en omettant de les mentionner ou les remercier.

3-Incapacité de reconnaitre une bonne affaire qui se présente aujourd’hui et négociation à l’aveugle/ Fantasme de la « lakta* »

Cette incapacité se révèle dans :

-La persistance de vouloir appliquer des formules, exemples, cas obsolètes et dépassés car datant d’un demi-siècle, donc non-adaptés ni à la vitesse du monde d’aujourd’hui, ni à la vitesse du marché en faisant fi des offres de la concurrence ;

-Mais aussi, sans recherche d’informations, ni exercices comparatifs préalables quand à la situation réelle du marché, des standards des prestations, de l’état de l’offre et de la demande. Le résultat est une temporisation excessive et une « procrastination » qui fait manquer de bonnes occasions en attendant celle fantasmée de l’ « occasion idéale » qui « viendra ».

D’où le fameux mythe de la « lakta* »  (littéralement l’attrape) qui présuppose être le premier arrivé à attraper une aubaine profitant de l’ignorance, de la lenteur ou l’absence de moyens d’action des autres. Mythe peut-être valable aux alentours de 1900 lorsque une grande partie de la planète n’avait ni accès à différentes sources d’information, ni atteint le développement technologique d’aujourd’hui.  Lorsqu’aussi démographiquement nous n’étions que le tiers des milliards que nous sommes devenus aujourd’hui.

Manguin le Reflet
Manguin- Le Reflet – 1904- Paris – Sotheby’s

De nos jours les opportunités semblent moins passer tel un vol d’hirondelles au printemps car beaucoup plus de monde se presse aux portes de l’Eden. Qui veut trouver, doit chercher.

Certes, « la lakta » est l’équivalent dans les Arts Martiaux « de la victoire par frappe unique » fantasme de tous le Maitres asiatiques. Cette opportunité, pour celui qui sait la déceler, agissant à temps avec les bonnes équipes, béni de l’ «  Auguri » mythologique,  constitue indéniablement un beau trophée de chasse.

Cela devient une belle histoire pleine de suspense de quoi animer les discussions de salons, mais cela ne peut en aucun cas constituer le « modus operandi » d’une entreprise, ni la culture de ses cadres.

C’est pour cela  que ceux qui prétendent vouloir répéter quotidiennement cette expérience dans le monde des affaires devraient soit savoir s’entourer de chercheurs, « chasseurs de têtes » fulgurants, mais aussi d’analystes compétents qui ne joueront pas au patron La flûte enchantée de Mozart, ni à sa demande, ni par sécurité lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas.

Tels sont faits les grands hommes, qui bâtissent de grandes sociétés.

Joueurs de Cartes
Caravage- Le Joueur de Cartes – 1594

En second lieu, l’obsession maniaque de la « négociation pour la négociation » et non afin d’atteindre un but prédéfini clairement. Cette pratique grandissante et hélas typique du Levant, semble dériver d’une hypertrophie de l’Ego rendu malade par des années de guerres et du plaisir onaniste d’incapables placé dans des postes de décision en entreprise.

Cette négociation devient d’autant plus difficile lorsque l’interlocuteur en face d’une telle technique, fait subtilement comprendre à celui/celle qui l’emploie qu’il reconnait ses tours « du tout pour moi- rien pour toi » et qu’ils ne passeront pas. Souvent même la perspective d’un gain mutual « win-win » est vécu à tort comme une défaite.

L’Ego démesuré prit à son joli jeu s’enflamme alors souvent en live ou choisit de se réfugier ensuite dans la lâche calomnie à retardement. Dans tout les cas, rester maitre de son calme et observer amusé.

Chez ceux forcés pour diverses raisons d’accepter les règles unilatérales imposées en essayant de décrocher une collaboration future, souvent la collaboration ne dépasse pas la première prestation. Ce profil de client (dont les équipes sont souvent de bonne foi et sont à la merci des caprices de leurs décideurs) a coutume de changer de fournisseurs comme de chaussettes ce qui résulte en une absence d’homogénéité et des contrastes de qualités répercutés sur toute la ligne de leurs produits.

5-Entourage courtisan et parasite :  The Clappers*  / El Zakkifé

Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. La flatterie des subalternes par rapport à leur hiérarchie est chose connue depuis l’Antiquité, il n’en demeure pas moins que si cela s’applique en permanence aux cadres dont la mission serait de diagnostiquer, de disséquer puis conseiller justement leur dirigeants dans le monde de l’entreprise en ayant souci l’intérêt commun et de l’augmentation des bénéfices, cela fait courir un risque considérable à tout les maillons de la chaine économique.

Peneloppe
John William Waterhouse « Pénélope et les Courtisans »

Si la politique de l’autruche des conseillers s’érige en style de vie et l’inaction face au danger comme stratégie de survie, c’est l’organisme économique tout entier qui à terme joue sa santé et son existence.

Afin de palier à ce risque majeur car propre à la psychologie de l’Homme en situation d’hiérarchie et donc de dominance, il serait donc important de pratiquer une réelle séparation des pouvoirs dans l’entreprise avec la mise en place d’un mécanisme clair et simple accepté par tous auquel s’adresser lors de l’émergence d’avis divergents avec avantage au département Expert sur la question.

Bien sûr, un ou plusieurs Experts externes pourraient aussi se prononcer afin de multiplier les outils dans les mains des décideurs qui sont amenés à trancher.

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6- Dilution du Pouvoir de Décision et Coquilles Vides : où se cache réellement le pouvoir ?

Si une chose est sure, c’est que le pouvoir privilégie la discrétion. Dans l’Entreprise comme ailleurs, les écrans de fumée sont nombreux. Combien de temps perdu à approcher un cadre au titre ronflant et beau parleur afin de lui soumettre un projet, pour enfin se rendre compte de l’existence d’autres décideurs et d’autres enjeux..

Allégeance automatique, pour ne pas dire asservissement à différentes couches de réseaux et/ou partis.

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Beirut Neon « Splash » – Emile Issa 

7- Glandage des cadres payés pour : Innover, prendre des risques et défricher de nouveaux-marchés / Vol d’idées et de concepts.

Si une entreprise empile les postes sans autorité réelle, les cadres compétents risquent alors de se réfugier dans une stratégie de survie individuelle auto-imposée pour la préservation de leur acquis personnels. Ils se retrouvent à faire  l’éloge du statut-quo ; quand ceux d’entre eux ne cherchent pas ailleurs une nouvelle constellation où faire scintiller leur étoile.

La mentalité du « pilotage-automatique » s’installe alors dans des postes censés faire tout le contraire (recruter de vrais talents, créer de toutes pièces de nouvelles tendances, de nouveaux besoin afin d’y pourvoir) et cela ne fait le bonheur que de ceux qui ne doivent leur fonction qu’à un piston ou à l’incompétence de ceux qui les ont embauchés.

Naturellement, ces différents facteurs se transforment en désavantage majeurs vis-à-vis de compétiteurs sérieux en plus de rebuter les innovateurs, créatifs et entrepreneurs ambitieux qui iront frapper à d’autres portes, faire prospérer des clients non effrayés par le potentiel de leur valeur-ajoutée.

Dans notre univers mondialisé, la médiocrité volontaire est un luxe qui se paye cher. Afin de sauvegarder les apparences du succès beaucoup d’acteurs s’endettent alors sans retour.

Pas pour longtemps, car hélas qui n’avance plus, recule sans klaxonner..

La loi du moindre effort et le manque d’équipes compétentes se refugiant derrière une dignité de pacotille souvent fait prendre conscience à  certains que le vol d’idées, de concepts est en fait le chemin le plus facile.

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El Greco- Laocon- (1614) National Gallery of Art Washington D.C

L’Economie et le Commerce sont des activités nobles propres à toutes sociétés libérales, mais ce qui maintien en place le climat de liberté dans ce type de sociétés sont les valeurs de justice dans l’échange et de la garantie par les lois des engagements librement consentis entre particuliers.

Tout gain unilatéral obtenu sous la contrainte, toute « lésion énorme » porte en elle les germes de la discorde et la rupture de l’harmonie sociale qui est contraire à  l’esprit de confiance nécessaire à tout partenariat fructueux à long terme.

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« Art sur le tapis »  Photo Emile Issa-  Calligraphie Arabe Dana Sarhan « Kamsyn »

C’est dans cet esprit qu’il convient donc de sensibiliser les entreprises et les cadres au concept de  l’  « Ethique des affaires » / Business Ethics qui est aussi à l’origine de grands bénéfices et de grandes économies.

Car toute entorse au protocole connu de tous, s’il ne vient pas de l’ignorance ou de la maladresse signale à celui qui est en victime que son interlocuteur à sciemment choisi de poursuivre son action par d’autres moyens, (qu’il sera peut-être question alors de contrer) et le cercle vicieux s’enclenche..

Dans ce cas, plus besoin de costards ni de cravates.

La civilisation semble alors n’être plus qu’un lointain verni écaillé pour barbares braillards.

 

Kamsyn, Juin 2016