Lynn Acra from Pencils to Spray Cans, Meeting with A Disruptive Graffiti Artist

Driving through the streets of Karantina in Beirut, you come across the latest creation of Lynn Acra, a 20 years young Lebanese student who’s been trying for months to embellish the walls of Beirut. (French version below)

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Lynn Acra

Disheartened by the garbage crisis and the toxic dust it creates, Lynn chose Graffiti Art as a means to express her frustration and concern. Now an Illustration & Comics Student at the ALBA School of Fine Arts, she decided to momentarily trade her pencils for a set of spray cans in order to open & delight the Eyes of the Commuters & Joggers in Beirut.

Lynn picked-up drawing at a young age. “I knew I wanted to make it my career and my parents encouraged me a lot”, she says. “I was drawing science fiction monsters, weird stuff, but I was taught at Alba to get out of my comfort zone and become polyvalent. I had to surpass myself, discover and find other approaches too.”

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Lynn in action

Lynn’s artistic introspection led her to participate to the “Secret Walls” competition, a large format drawings competition in the bars of Beirut in 2015 after a local famous graffiti artist, George Tabatadze, aka Taz, encouraged her to join. “It was a large format, two meters by two, I had never done that! But it was a good experience which led me to see the bigger picture.” Also, the graffiti artists who were present at the competition encouraged her and gave technical advice before inviting her in their team. That’s how every two to three weeks she went with them to try her skills on the tallest walls. “ I fell in love with graffiti. I have since progressed, learned new techniques.”

As much as she’s passionate about Sci-fi characters from her favourite comic “Tank Girl” (by Alan Martin and Jamie Hewlett), Lynn also seeks to reproduce & adapt famous visuals like « Gorillaz. Her last graffiti – a woman licking the ground – was made possible thanks to the height of the wall: “I focused on colours and was encouraged to explore an other medium than the classical black & white language I’m used to. I always search for harmony.  The beauty of graffiti is that it’s an ephemeral drawing and you never know when it will wither away. I also made sure to respect the fact that it is a public space. At home, in my area, I’m quite of a provocative nature, I reflect on difficult subjects like LGBT communities , but I don’t want to be disrespectful to people who might feel embarrassed.”

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« Woman Licking the Dusty Ground »  Beirut, Karantina    Graffiti Lynn Acra

After graduating, Lynn Acra wants to work as a freelancer in the field of Illustration and comics. “In any case, I want to stay in Lebanon, I could study in France but here at least we are taught versatility and don’t risk overspecialization. I don’t want to become too limited, so I can keep discovering every day. It takes many Graffiti Artists to embellish Lebanon!”

Full of ambition and ideas, she doesn’t seem afraid of the amount of work needed to get there. “The only thing that bothers me is that I’m seen first as a woman and not as an Artist. People on the street stop and are surprised to see me make a graffiti. They also tend to assume that my level is not as good as the men artists. Maybe I’ll work on this theme, it sure promises to be interesting !”

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Kamsyn, September 2016

 

FR

Lynn Acra, une jeune Graffeuse pleine d’Avenir

En conduisant dans les rues de Beyrouth, dans le secteur de Karantina, il est possible de tomber sur la dernière création de Lynn Acra, jeune Libanaise de 20 ans qui s’essaye depuis quelques mois à embellir les murs beyrouthins. Étudiante en Illustration et en Bande-dessinée à l’ALBA, l’école des beaux-arts, elle a décidé de passer du crayon au Spray de peinture, pour le plus grand plaisir des yeux.

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« Femme léchant le sol poussiéreux »  Beyrouth, Karantina  Graffiti Lynn Acra

Le dessin et Lynn Acra, c’est une histoire commencée dès le plus jeune âge. «Je savais que je voulais en faire ma carrière et mes parents m’ont beaucoup encouragée», raconte-t-elle. «Je dessinais des monstres de science-fiction, des créations bizarres, mais l’Alba m’a appris à sortir de ma zone de confort et à devenir polyvalente. J’ai dû me dépasser, découvrir, et me découvrir aussi ». Cette introspection artistique l’amène à participer à une competition  « Secret Walls », des concours de dessin grand format dans les bars beyrouthins, en 2015, après qu’un graffeur local réputé, George Tabatadze, alias Taz, ne l’encourage à s’inscrire. « C’était du grand format, deux mètres sur deux, je n’avais jamais fait ça ! Mais ça a été une bonne expérience qui m’a amenée à voir les choses en grand».

Les graffeurs présents lors de la compétition l’encouragent, lui donnent des conseils techniques avant de l’acceuillir dans leur équipe, l’emmenant toutes les deux à trois semaines avec eux se mesurer à des murs de taille. « C’est comme cela que je suis tombée amoureuse du graffiti. Depuis, j’ai progressé, appris de nouvelles techniques ».

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Lynn en Action

Bien que passionnée par les personnages de science-fiction, tels que ceux issus de sa bande-dessinée préférée « Tank Girl » (d’Alan Martin et Jamie Hewlett), elle s’attache aussi à reproduire des personnages célèbres, comme Gorillaz, tout en s’adaptant au lieu en soi.

Elle a ainsi imaginé son dernier graffiti -une femme léchant le sol – du fait de la hauteur du mur, sans pour autant lui conférer un sens particulier. « Je me concentre sur les couleurs car j’ai l’habitude de dessiner en noir et blanc; afin de changer mes habitudes. Je recherché toujours l’harmonie, le but étant montrer ce que j’aime. Avec un dessin éphémère, l’on ne sait jamais quand il va disparaître.  C’est cela la beauté du graff, tout en respectant le fait que ce soit un espace public. Chez moi, dans mon espace, je suis de nature assez provocatrice, je réfléchi  sur des thèmes difficiles comme celui de l’homosexualité, mais je ne veux pas manquer de respect à des gens qui pourraient en être gênés ».

Après ses études, Lynn Acra souhaite travailler en tant que freelance dans le domaine de l’Illustration et des Bandes dessinées. « Dans tous les cas, je souhaite rester au Liban, je pourrais étudier en France mais ici on nous apprend la polyvalence, je ne souhaite pas devenir trop spécialisée afin de découvrir tous les jours. Et puis, il faut être nombreux afin d’embellir le Liban ! » Pleine d’ambition et d’idées, elle ne semble pas avoir peur de travailler dur pour y arriver. « La seule chose qui me gêne, c’est que je suis perçue d’abord en tant que femme et non pas en tant qu’artiste. Les gens dans la rue s’arrêtent et sont surpris de me voir graffer, ils s’attendent à ce que mon niveau soit moins bon que les graffeurs hommes. Peut-être que je travaillerai sur ce thème, ce qui promet d’être intéressant ! »

 

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