La Nuit des Idées 2019: Rencontre avec Mme Véronique AULAGNON, Directrice de l’Institut Français du Liban.

ifr liban    lfl

L’Institut français du Liban organise la 4ème édition de la Nuit des idées – 2019 ce Jeudi 31 janvier de 17h30 à minuit.

Lancée en 2016, la Nuit des idées est aujourd’hui un événement mondial présent dans une centaine de villes et 65 pays. Fidèle à ce rendez-vous, l’Institut français du Liban et ses partenaires vous invitent à la 4ème édition de la Nuit des idées « Face au présent : lignes de fronts » pour échanger et dialoguer dans une atmosphère festive en présence d’une dizaine de personnalités, chercheurs, ONG, associations…

Au programme de cette soirée unique : Débats citoyens, rencontres, café littéraire, exposition et concert !

1

KAMSYN partenaire de l’évènement, a rencontré Mme Véronique AULAGNON, Conseillère de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Liban. Directrice de l’Institut Français du Liban afin d’en savoir un peu plus sur cet évènement unique.

photo cocac
Véronique AULAGNON      photo DR

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots “La Nuit des Idées » ? Quand et comment cet événement a-t-il vu le jour ? Dans quel contexte ? Dans quelle perspective ? 

Lancée à Paris il y a quatre ans déjà par la diplomatie française, la Nuit des idées est aujourd’hui un rendez-vous mondial qui se déroule sur les 5 continents, dans plus de 65 pays, et qui mobilise près d’un millier de penseurs, militants et simples citoyens invités à débattre sur les grands défis contemporains.

1

En mêlant débats courts et interactifs et propositions artistiques, la Nuit des Idées entend renouveler, «dépoussiérer» le débat public, trop souvent circonscrit à un auditoire de spécialistes, et s’adresser en priorité à la jeunesse. Car il ne peut pas y avoir de forte démocratie sans débat public bien vivant et sans implication de la jeunesse, trop souvent dégoûtée de la vie publique.

Pourquoi avoir choisi la thématique « Face au présent » ? Quelle dynamique cela renvoie-t-il vis-à-vis de l’époque dans laquelle nous vivons ? Quels seraient, à votre avis, les moyens pour se réconcilier avec notre ère ? Surtout que le présent représente en grande partie le résultat d’un passé, d’une mémoire et prépare l’avenir. Quel rôle pour la jeunesse Libanaise ? 

Cette thématique a été choisie par l’Institut français à Paris, pour l’ensemble du monde. Elle peut se décliner de mille et une façons. Au Liban, nous avons choisi de décliner la thématique « Face au présent » selon quatre angles, dont les deux premiers correspondent à de fortes préoccupations de la société libanaise :

L’’impératif écologique : le 1er août 2018, l’humanité avait dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en une année, et pourtant nous continuons à ne pas agir en conséquence. Pourquoi ? Avons-nous pleinement cons conscience de la situation présente ? Est-il encore temps de faire quelque chose ? Pouvons-nous agir si l’Etat ou la communauté internationale n’agit pas ou agit insuffisamment ?

La liberté d’expression : ce droit fondamental, sans lequel il ne peut pas y avoir de démocratie, est-il aujourd’hui en danger, y compris dans un pays comme le Liban, généralement considéré dans la région comme un pays très libéral dans ce domaine. De façon générale, quel est encore le sens de la liberté d’expression dans un univers médiatique submergé par les fausses informations ?

L’’intelligence artificielle : un thème qui peut sembler futuriste, mais qui est déjà en train de révolutionner nos vies sans que nous ayons nécessairement conscience.

Le traitement de l’actualité par la littérature, autour d’un écrivain français.

Cette Nuit des Idées est aussi une fête de la pensée. Tous les arts contribueront ainsi au débat : la littérature, la bande dessinée avec une exposition du collectif Samandal qui vient de remporter le prix du meilleur album de BD Alternative au Festival d’Angoulême, le cinéma avec des projections en réalité virtuelle, et la musique avec la présentation en avant-première de la nouvelle création du duo Randa Mirza et Rayess Bek, « Glory and Tears », pour clôturer en beauté de cette soirée.

Quel rôle d’après vous pour la culture et les arts dans une démocratie ? A quels types de challenges assistons-nous ? Est-il possible de les résoudre ? 

Ce n’est pas aux Libanais qui ont quasiment inventé l’expression de «résistance culturelle» que nous, Français, allons apprendre l’importance de la culture pour une démocratie !

Les artistes nous poussent en permanence à nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons. Ils repoussent sans cesse les limites de la liberté d’expression. Ils sont souvent les premiers défenseurs de la liberté : liberté d’opinion politique, liberté d’orientation sexuelle et de genre, liberté de croire ou de ne pas croire, liberté des femmes…

Au Liban, la scène culturelle est incroyablement dynamique et elle pourrait encore l’être davantage si elle pouvait s’appuyer sur une politique publique plus favorable.

propos recueillis par Natasha Metni Torbey.

ifr liban  lfl

cropped-kamsyn-logo-new.jpg