Mois de la Francophonie: Rencontre avec S.E Bruno Foucher, Ambassadeur de France au Liban

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Chaque année, le Liban consacre le mois de Mars à la Francophonie. Cette manifestation culturelle, célébrée pour la 9e année consécutive, est organisée par l’Institut français du Liban (IFL), en collaboration avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), les ambassades des pays francophones accréditées au Liban ainsi que l’ambassade du Mexique, le Ministère de la Culture du Liban et l’Organisation internationale de la Francophonie. KAMSYN est également  partenaire média dans le cadre de cet événement de grande ampleur en partenariat renforcé avec le quotidien l’Orient- Le Jour. Tour d’horizon.

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Expositions, conférences, concerts, spectacles et autres événements culturels de calibre ont constitué le programme du Mois de la Francophonie cette année. Une grande nouveauté dans cette édition 2019 : «les rencontres littéraires» à la Bibliothèque nationale, qui a rouvert ses portes en décembre dernier. Le coup d’envoi de ces festivités a été lancé à travers un concert organisé par le Conservatoire national supérieur de Musique, sous le patronage du Ministre de la Culture, S.E. Dr. Mohamed Daoud. C’est dans ce contexte que l’orchestre philarmonique du Liban a interprété, aux côtés de Delphine Bardin (au piano) et Charbel Charbel (violoncelle) et sous la direction de Walid Moussallem, deux œuvres de Mozart et une d’Elgar.

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S.E Bruno Foucher, Ambassadeur de France au Liban       Photo Michel Sayegh

Son Excellence M. Bruno Foucher, dynamique Ambassadeur de France au Liban revient ici sur les 3 questions posées par KAMSYN au sujet de ce projet unique.

Excellence, le Mois de la Francophonie est placé cette année sous le titre «Au Féminin». Pouvez-vous nous présenter ce choix ? 

La francophonie porte des valeurs importantes d’ouverture, de dialogue et d’égalité par exemple. Le rôle des femmes dans nos sociétés est un sujet de premier plan. Nous avons donc souhaité mettre en avant des femmes artistes parce qu’elles contribuent grandement à la diversité de l’expression, qui fait la richesse du Liban.

Comment se présentent alors les activités et événements organisés cette année ?

L’Institut français du Liban a fait des choix audacieux : nous mettons donc en avant les femmes artistes, mais aussi le bilinguisme français/arabe que l’on retrouve dans certains spectacles ou encore la musique et la photographie, qui sont des langues universelles à l’instar du français. Ces langues contribuent aux dialogues et donc à une meilleure compréhension réciproque.

Aujourd’hui, la Francophonie n’est plus uniquement centrée sur la question de l’évolution de la langue française. La promotion du français se fait de plus en plus dans un esprit d’ouverture, de modernité, de dynamisme et de promotion de la diversité culturelle et linguistique. Comment ceci se traduit-il dans le cadre du Mois de la Francophonie ? Quels sont les principaux enjeux et défis de la Francophonie actuellement ?

Votre question résume à la perfection notre ambition : ouverture, modernité, dynamisme et valeurs partagées. Voilà très précisément ce qui préside à notre action pour la francophonie au Liban et dans le monde. Vous le savez, la francophonie n’est pas uniquement une langue. C’est un cadre culturel plus général au sein duquel s’épanouissent la diversité et le multilinguisme. Les défis restent néanmoins importants et il appartient aussi bien aux autorités libanaises qu’à celles de tous les pays francophones, de les relever : politiques publiques et volontarisme pour que le français reste, au Liban, l’une des langues de ce pays auquel nous sommes tant attachés ; maintien d’un niveau de qualité satisfaisant dans l’enseignement du français tant dans les établissements publics que privés ; pratique quotidienne du bilinguisme arabe/français au sein de l’administration sont quelques exemples des contributions qui peuvent être apportées par toutes les parties au profit de cette riche identité libanaise arabophone et francophone. Nous, Français, prenons notre part à cet effort. Nous avons d’ailleurs au Liban, des ambitions très grandes en matière de francophonie et le président de la République, M. Emmanuel Macron, présentera un plan dédié à ce sujet lorsqu’il viendra visiter ce pays.

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Le programme du mois de Mars est donc varié et célèbre la culture sous toutes ses formes:

Concours

Qu’il s’agisse de mettre en valeur les villes de Carthage et de Tyr et donc, la relation historique entre le Liban et la Tunisie, par le biais de « posts » sur Facebook sous divers formats (vidéos, photos commentées, poèmes, récits, chansons, etc.), de lutter contre la sous-représentation des femmes photographes –qui gagnent en moyenne 29% de moins que leurs collègues masculins- à travers une exposition de travaux artistiques où 11 finalistes ont été sélectionnés, ou de promouvoir l’utilisation du français dans le langage des affaires, les concours se sont multipliés dans le cadre du mois de la Francophonie. Les participants ? Etudiants, élèves, femmes et hommes de tout âge, professionnels jeunes et moins jeunes, etc.

Tables rondes

« Les migrations au Liban et au Moyen-Orient : de l’installation au retour »

Le thème des réfugiés, migrants et déplacés constitue une thématique principale dont le débat a porté sur les questions liées aux actualités juridiques, économiques et socio-culturelles. Cette table ronde a rassemblé des conférenciers et experts de France, de la Jordanie et du Liban. Des discussions multiples qui ont posé l’enjeu grandissant des migrations dans le contexte régional.

« Regards multidisciplinaires sur la planète francophone à l’ère du numérique : enjeux, défis, innovation »

Sciences humaines, santé, neurologie, gestion… Tant de disciplines qui contribuent à  mettre en avant les atouts sociaux à tous les niveaux : médecine, sciences, enseignement, etc. Toutefois, les dérives qu’entraine la technologie nécessitent de faire face à la révolution numérique qui submerge le monde.

Théâtre

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«Jogging», par Hanane Hajj Ali

Le contraste créé entre le titre (réaliste et contemporain) et le personnage de Médée (mythologique) évoqué dans la pièce, font du théâtre de Hanane Hajj Ali un emboitement de poupées russes où les différents visages de Médée sont incarnés. Le personnage principal, représenté par Hanane, revisite ses propres rêves, désirs, désillusions, en faisant son jogging quotidien dans les rues de Beyrouth.

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«Nos divas», par Hassan Geretly

Ce théâtre musical constitue une exploration intimiste à plusieurs voix mise en scène par la compagnie «Al Warsha». Inspiré du roman illustré «Ô nuit, ô mes yeux», de Lamia Ziadé. Sur scène, nous pouvons retrouver une diseuse qui lit des extraits du livre et qui danse à la manière des artistes mythiques, un chanteur joueur de oud qui accompagne les textes de par ses notes qui font écho aux réflexions et aux images que les paroles inspirent, un dramaturge qui évoque des anecdotes de la mémoire collective et un metteur en scène qui interroge ses souvenirs et se lance avec les autres artistes dans ce qui pourrait devenir un cabaret.

Propos receuillis par Natasha Metni Torbey

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