Le Festival International des Féminismes, à l’Institut français du Liban

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Pour la première fois au Proche-Orient, L’Institut français du Liban, The Joumana Haddad Freedoms Center, Lebanon Support, The Arab Institute for Women et l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint-Joseph présentent:

Le Festival International des Féminismes, du 27 février au 1er mars 2020 à l’Institut français du Liban.

Le festival international des féminismes est une manifestation inédite au Proche Orient, entièrement dédiée à l’histoire, aux enjeux et aux défis multiples auxquels sont confrontées les femmes dans le monde. Il vise à prolonger et à inscrire dans la durée l’engagement des femmes dans le monde arabe, devenu visible à la faveur des révolutions et d’une forte montée de leur parole publique dans l’espace numérique.

Chaque année, ce festival conviera des personnalités médiatiques, des artistes, des activistes et des intellectuels venus du monde entier, au service de la défense et de l’émancipation des femmes.

À travers des tables rondes, des conférences et des ateliers, cette première édition reviendra sur l’histoire riche et plurielle des formes de contestation qui ont construit ces différents féminismes. Elle réinterrogera la critique du patriarcat et s’efforcera de présenter la diversité des formes de l’engagement féministe aujourd’hui, qu’il soit politique, économique, social ou encore artistique.

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Dans ce cadre, une programmation artistique exceptionnelle rythmera ce festival avec entre autres la projection en avant-première du film documentaire événement Women d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand, le spectacle « L’événement » d’Annie Ernaux, mis en scène par Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie française, une conférence et une exposition de l’artiste internationale ORLAN, le lancement du cycle cinématographique « Militantes au cinéma » – Carte blanche à Nadi Lekol Nas, et une soirée de clôture en musique à Station avec les Dj Chippy Non Stop et Tala Mortada.

Quatre jours pour écouter, débattre et assister à des spectacles, du 27 février au 1er mars à l’Institut français du Liban, à Beit Beirut et à Station, dans une ambiance festive.

L’opportunité unique de découvrir et de rendre hommage à toutes ces femmes qui font entendre leurs voix et montent au créneau pour faire valoir leurs droits.

A cet effet, KAMSYN un des partenaires média du Festival a rencontré Véronique AULAGNON, la dynamique Conseillère de coopération et d’action culturelle; Directrice de l’Institut français du Liban, afin d’en savoir plus.

Véronique Aulagnon
Véronique AULAGNON, Conseillère de coopération et d’action culturelle; Directrice de l’Institut français du Liban Photo DR

Pouvez-vous nous parler du Festival international des féminismes ? Quand cet événement a-t-il vu le jour et dans quel contexte ? Quel en est l’objectif ?

Nous avons décidé d’organiser ce festival international des féminismes, le premier au Liban et dans la région, pour trois raisons.

La première raison, c’est que la défense des droits des femmes et la promotion du débat d’idées font partie des priorités de la diplomatie française. Sur la question des droits des femmes, nous ne contentons pas d’organiser ou de nous associer à des évènements à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Mais nous avons fait de cette question un fil rouge de notre programmation culturelle : c’était l’un des sujets débattus lors de la Nuit des idées organisée à l’Institut français du Liban en 2018 et le thème phare de notre programmation pour le Mois de la francophonie en 2019. Cela fait longtemps que nous avions envie de contribuer à un évènement encore plus structurant.

J’en viens à la deuxième raison : la « thawra » libanaise, qui a mis sur le devant de la scène la question des droits des femmes. Ces femmes qui ont été aux premiers rangs des manifestants depuis le 17 octobre, avec des actions symboliques qui ont marqué les esprits – une marche blanche, une interposition entre les forces de l’ordre et les manifestants. Ces femmes qui ont largement contribué à ce que la promotion des droits des femmes libanaises – droit à transmettre sa nationalité, reconnaissance d’une égalité totale de droits à travers l’établissement d’un statut personnel civil – émerge comme l’une des principales revendications des manifestations. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas propre au Liban, mais quelque chose que l’on retrouve en Algérie, en Tunisie, en Syrie et ailleurs, dans les mouvements de mobilisation citoyenne récents. Dans ce contexte, il nous a semblé évident de mettre notre programmation  au diapason des préoccupations de la société civile libanaise, et notamment de sa jeunesse.

Mais cette initiative n’aurait jamais vu le jour sans nos partenaires libanais – The Joumana Haddad Freedoms Center, The Arab Institute for Women (AiE) de l’université LAU, l’association Lebanon Support et l’Institut des sciences politiques de l’USJ– qui ont pensé cet évènement avec nous. C’est la troisième raison.

Ce festival n’est pas un évènement ponctuel. Notre but est double : en réunissant des activistes, des penseurs et des artistes de la cause féministe du monde arabe, de France et même du Canada, nous voulons donner une tribune publique pour le débat sur les droits des femmes, sans aucun tabou, mais aussi et surtout un espace de rencontres et d’échange d’expériences, qui permette de renforcer et structurer les réseaux militants féministes dans la région. Ce festival est le début de quelque chose, pas un point d’aboutissement.

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Véronique AULAGNON, Conseillère de coopération et d’action culturelle; Directrice de l’Institut français du Liban    Photo DR

Quelle définition pouvons-nous donner du féminisme actuellement, vu que le mouvement a connu une évolution considérable depuis sa création ?

Le féminisme renvoyait en premier lieu à une minorité, à un groupe social discriminé en raison de son sexe. Au fil de son histoire et des luttes qu’il a portées, le féminisme s’est défini comme contestation d’un ordre patriarcal dans l’ensemble des sphères de la vie. Comme tel, il comporte une vocation universaliste et transversale à l’ensemble des dominations. Mais cette approche, cette représentation, est aujourd’hui très largement remise en question comme le montre la multiplicité des adjectifs accolés à féminisme : féminismes intersectionnel, antiraciste, éco-féminisme, décolonial, islamique, indigéniste, racialiste, postmoderne…

Se pose donc la question de savoir si ces féminismes sont inconciliables ou s’il existe la possibilité d’un féminisme inclusif de la diversité des conditions féminines et des luttes, qui ne céderait pas sur ses fondements universalistes et qui serait armé pour dénoncer et résister aux dérives sectaires.

Car les multiples dominations se re-fabriquent sans cesse, races et classes comprises. Sans repartir de zéro, le féminisme est donc toujours à réinventer.

Pensez-vous que le Liban est aussi touché par le sexisme que d’autres pays de la région ? Dans quelle mesure ?

Aucun pays n’est immunisé contre le sexisme, y compris le mien. C’est avant tout aux Libanais de qualifier l’état de leur société à cet égard. Si l’on s’en tient à des critères objectifs, le Liban se caractérise par un taux de scolarisation et d’accès à l’université exceptionnel des filles et des femmes dans la région et par d’excellents indicateurs de santé maternelle. En revanche, il a l’un des taux les plus bas de participation des femmes au monde du travail et une législation, civile ou religieuse, globalement moins favorables aux femmes qu’aux hommes, que ce soit en termes de transmission de la nationalité, de garde des enfants, et d’héritage, y compris par rapport à plusieurs pays du monde arabe.

Par Natasha Metni Torbey

Evénements gratuits
Une traduction simultanée français-arabe sera disponible pour chaque événement.

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