Pour une Neutralité Positive du Liban

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Sa Béatitude le Patriarche Maronite Béchara Raï, a appelé le 5 juillet à la neutralité du Liban celle-ci protégeant le pays et capable de sauver l’État. Lors d’une messe célébrée à l’occasion de la fête de Saint Charbel dans la basilique Notre-Dame de Harissa, Mgr Raï a souligné que dans toutes les déclarations ministérielles de 1943 à 1980, le Liban a adopté la neutralité, le non-alignement, le renforcement des relations entre les pays et le respect mutuel loin de toute ingérence dans les conflits régionaux et internationaux.

De même, Mgr Raï a aussi affirmé que la neutralité est la traduction politique et constitutionnelle pour reconnaître la finalité du Liban telle que mentionnée dans le préambule de la Constitution. 

KAMSYN a rencontré à ce sujet, M. Emile E. Issa, en tant que membre fondateur, et ex-Secrétaire Général de la Fondation Maronite dans le Monde, fondateur de Business Management Consultants BMC, afin de bénéficier de son éclairage à ce sujet.

Emile E. ISSA

Hommes d’affaires international né en 1927, ayant vécu l’âge d’Or du Liban en assumant des responsabilités importantes dans le secteur privé et ayant côtoyé de près plusieurs des figures emblématiques du pays : les regrettés Président Chamoun, Ministre Fouad Boutros, Ministre Ghassan Tuéini…Vous avez dès 1983 , proposé lors de la participation du Liban à la Conférence de Genève sur l’Entente, en accord avec le Président Chamoun, le thème de la neutralité du Liban, via une étude détaillée publiée dans l’Orient- Le Jour du 3 Octobre 1983. 

Or aujourd’hui, trente-sept ans après, pourquoi pensez-vous que ce thème de la neutralité positive du Liban est toujours une nécessité ?

La complexité de cette question, n’a hélas pas beaucoup évolué au Liban depuis la parution de mon article le 3 Octobre 1983. Le problème des interférences des pays de la région constitue toujours une structure qui oblige le Liban à se doter d’un système qui le protège de toute incursion capable de le déstabiliser, surtout en cette période troublée.

Le meilleur système est «La neutralité positive» acceptée par l’ensemble du peuple libanais et d’une majorité des pays voisins et occidentaux.

J’aimerai aussi attirer ici l’attention sur la récente déclaration de Sa Béatitude le Patriarche Maronite Béchara Raï: “Ce qu’il faut, c’est que personne ne prenne position concernant la neutralité sur la base de ses affiliations communautaires ou partisanes, mais plutôt sur la base de son appartenance à un Liban neutre dans sa pratique en tant que pays et en partant de sa position au Moyen-Orient et dans le monde. Le parti-pris détruira l’État mais la neutralité sauvera l’État”.

“Le système de neutralité requiert l’existence d’un État fort à travers son armée, ses institutions, et que ses lois soient capables de le défendre et de créer la stabilité politique et le développement économique’’.

Or depuis 1920, date de la proclamation du Grand-Liban par les autorités mandataires françaises, le pays du Cèdre a consacré le vivre-ensemble entre les composantes de la nation et a proclamé sa neutralité à travers l’adage : Ni Est, ni Ouest. De plus, c’est grâce à cette neutralité qu’a prospéré à l’époque le Liban, tout en constituant un refuge aux minorités persécutées.  Cet appel rejette donc l’assujettissement aux intérêts étrangers et la marginalisation du Liban vis-à-vis de la communauté internationale. Le Liban message tel que célébré par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II est à protéger, à la veille de son centenaire. 

Sources: L’Orient- Le Jour