L’Ecole Libanaise pour les Aveugles et Sourds de Baabda

Donner une chance à l’Autonomie

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Affiche du Film « Tramontane » acclamé à Cannes 2016

Acclamé à Cannes, le film libanais « Tramontane », écrit par Vatche Bourghourjian et produit par Caroline Oliveira et Georges Choucair de About Productions, se base sur l’histoire de Rabih, un musicien aveugle à la recherche des archives de sa naissance au Liban alors qu’il souhaite voyager. Rabih est interprété par Barakat Jabbour, un artiste de renom, qui a pu développer ses talents et sa passion à L’Ecole Libanaise pour les Aveugles et Sourds LSBD que Kamsyn présente ici.

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La LSBD, juchée sur les hauteurs de Baabda a été fondée en 1957 par Zalpha Chamoun, épouse de Camille Chamoun, chef de l’Etat de 1952 à 1958. Elle-même interessée par l’éducation des aveugles afin qu’ils puissent trouver un travail, et faire partie de la société, elle a permis de fonder les bases d’un établissement acceuillant aujourd’hui 153 élèves.

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« Notre but est d’aider nos étudiants à atteindre leur potentiel et une autonomie maximum, ainsi que la meilleure inclusion sociale et économique dans leur société », détaille Marie-Rose Gemayel, directrice de l’école. « Avant 1957, il n’existait que des simples écoles fondées par des missionaires étrangers, avec un nombre limité de places pour les aveugles. Le besoin de la LSBD était donc criant !  » En 1953, Zalpha Chamoun forme donc la Société Libanaise pour les Aveugles et les Sourds, qui fonde une sorte de pensionnat privé subventionné par le Ministère des Affaires Sociales, et dont le programme suit exactement celui procalmé par le Ministère de l’Education.

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La LSBD est dotée de deux départements, l’un pour les aveugles, et l’un pour les sourds. Le premier s’occupe de programmes éducationnels sur-mesure avec des activités extra-scolaires afin de permettre au jeune de se découvrir une passion et de la travailler afin de bénéficier d’atouts personnels pour la vie active dans sa communauté. Le deuxième se focalise sur le processus d’apprentissage de la parole et du langage tout en développant sa sociabilité, ses sens, son autonomie et son intellect.

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Forts de ces activités et programmes, les jeunes en situation de handicap peuvent ainsi disposer d’une scolarité des plus classiques et rejoinder leurs pairs entendants et voyants, avec un suivi personnalisé. Pour les enfants atteints de handicaps plus importants, tels que les sourds-muets ou les handicapés mentaux légers, un programme scolaire est mis à leur disposition de manière adaptée.

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Elevage d’escargots à l’école, activité particulièrement appréciée par les élèves.

Mais ce qui fait le succès des élèves de l’école, et celui de Barakt Jabbour notamment, ce sont ses ateliers pratiques, tels que l’apprentissage d’instruments de musique et d’arts manuels, au travers la peinture et l’artisant qui font partie du « programme vocationnel ».

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Barakat Jabbour dans le film « Tramontane »

 

Par exemple, certains de leurs étudiants aveugles travaillent désormais dans des hopitaux en imagerie médicale et en stérilization d’équipements, en tant que standardistes, masseurs, physiothérapeutes, traducteurs, professeurs d’université et programmeurs informatique.

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Dans le cas de l’artiste, il avait cinq ans à son arrive à la LSBD. « C’était un très bon élève, et il impressionait aussi ses camarades avec ses capacités musicales », décrit Marie-Rose Gemayel.  » Il a rejoint toutes les activités extra-scolaires, avec beaucoup de sociabilité, de tendresse et de générosité envers ses prochains. Sa présence était lumineuse. A 25 ans seulement, ayant fait ses débuts à Baabda, il a parcouru tout ce chemin jusqu’au Festival de Cannes, ce qui n’est pas étonnant ».

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La directrice regrette que « les handicapés continuent d’affronter de nombreux défis dans de nombreux domaines de leur vie, notamment du fait des attitudes des gens, qui les voient comme différents et les rejettent du milieu professionel, alors qu’ils persistent à demander leurs droits d’être acceptés et intégrés ».

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Barakat Jabbour représente un succès, le sien bien sur mais aussi celui de tous ses camarades ainsi que celui de l’Ecole Libanaise pour les Aveugles et Sourds de Baabda. Une réussite majeur qui permettra peut-être à la société libanaise, peu à peu, de s’ouvrir au handicap et de le considérer non plus comme une entrave mais comme un atout.

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Site web: www.lsbdbaabda.com

Kamsyn, Juin 2016