Zafer Chaoui, Un Parcours d’Exception: Rencontre

M. Zafer Chaoui est connu au Liban et à l’International pour son parcours d’exception dans le monde des affaires. M. Chaoui est Consul général honoraire de Finlande au Liban depuis 1990 et Administrateur de la Banque Libano-Française SAL depuis juin 1991 . Il est également président de diverses sociétés industrielles et commerciales.

En effet, Zafer Chaoui est Président de Château Ksara, Sicomo, Omnipap, Omnipharma et Omnilab. Il est également Président de l’Union Vinicole du Liban.    M. Chaoui est Commandant de l’Ordre du Grand Lion de Finlande, il a reçu la Médaille de l’Armée Finlandaise et il est aussi Chevalier dans l’Ordre du Mérite Agricole Français.

Portrait Président Zafer Chaoui - EEI -KAMSYN PR
 Président Zafer CHAOUI                 Photo  Emile E. ISSA

C’est donc entre deux avions que Zafer Chaoui a reçu KAMSYN dans ses bureaux de Beyrouth. Mélomane averti et ayant un goût prononcé pour l’opéra, c’est avec la maîtrise d’un chef d’orchestre raffiné et dynamique que Zafer Chaoui dirige ses équipes. Malgré les lourdes responsabilités dont il a la charge, il est d’autant plus apprécié par ses collaborateurs, visiteurs et nombreux amis pour l’authenticité de ses marques d’attention, ses analyses percutantes sur les sujets les plus divers; mais aussi son sens de l’humour et de la répartie.

Compte-rendu d’une rencontre avec lui:

Comment et dans quel contexte avez-vous commencé votre carrière ?

Dans des conditions très difficiles. J’ai quitté la Syrie à l’âge de dix-huit ans et j’ai rejoint le Liban où mon père possédait une entreprise commerciale.  J’ai dû travailler en parallèle à mes études en sciences économiques à l’Université Saint -Joseph. A ma demande, mon père a engagé une restructuration qui m’a poussé à prendre de grandes responsabilités. Il fallait à tout prix réussir et l’échec était à exclure. La guerre du Liban qui a commencé en 1975 a considérablement ralenti l’activité dans le pays avec son lot de destructions et pertes en vies humaines. Pour garder la tête hors de l’eau, il fallait à l’époque, une grande agilité et une capacité à saisir les rares opportunités qui se présentaient encore. C’est cette fameuse agilité et la résilience dont nous avons le secret  au Liban qui m’a permis de survivre.

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Vignobles de Château KSARA

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier ?

Ma confiance en le Liban est restée inébranlable malgré le son des canons. Je n’ai pas hésité, en sus de nos engagements traditionnels dans le commerce, à élargir notre spectre d’activités pour inclure la Banque et l’industrie .

A cet effet, pendant la guerre, avec mon ami Adel Kassar, nous avons acquis les actions disponibles à Château Ksara, beaucoup d’actionnaires voulant se désengager à l’époque, devenant tous les deux ainsi majoritaires et moi-même acceptant de présider le Conseil d’Administration de cette belle activité. Parallèlement, j’ai réussi à accroitre la participation de ma famille à la Banque Libano Française, ma famille devenant un actionnaire important et moi-même entrant au Conseil d’Administration de cette banque.

Par ailleurs, malgré vents et marées, les activités familiales se sont continuellement développées, au niveau du papier (Omnipap) et des Pharmaceutiques (Omnipharma).

Mon épouse et moi-même, nous sommes fiers de nos enfants qui, avec leurs cousins et cousines, sauront porter très haut le flambeau d’une activité en croissance et en diversification continues.

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Le Liban à Vol d’Oiseau     ouvrage du Dr Elio Sassine  Editions RAWIYA

Pour vous le Liban c’est ?

Le havre de la région, un phare lumineux dans lequel je crois malgré tout. Je me suis aussi diversifié durant les dernières années vers l’Union Européenne et les Etats-Unis tout en ne négligeant pas nos activités au Liban desquelles je suis très fier.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs, femmes et hommes qui se lancent aujourd’hui ?

Je peux vous dire que la Finlande est le pays des startups par excellence. Une ONG finlandaise s’est rendue au Liban pour un évènement de 3 jours au début de cette année pendant lesquels des startups libanaises avec représentativité féminine  ont présenté leurs projets afin de choisir les 5 meilleures d’entre elles pour une collaboration étroite avec les startups finlandaises.

J’ai été épaté par la façon avec laquelle les jeunes libanais et libanaises ont présenté leurs projets. Ils ont insufflé beaucoup d’optimisme en moi alors que j’étais un peu hésitant, vu le contexte ambiant. C’est peut-être l’évènement qui m’a le plus impressionné durant les 6 derniers mois.

L’essentiel à mon avis c’est l’honnêteté et la persévérance :

Si ces deux qualités sont réunies, avec en plus un peu de chance, la réussite devrait être au rendez-vous. Malheureusement au Liban, nous ne nous sommes pas orientés vers les écoles techniques. Certains jeunes vont à l’Université et sont ensuite déçus de ne pas trouver de débouchés. Ils finissent par accepter des alternatives loin d’être intéressantes. En Suisse par exemple, la majorité des jeunes va se former dans les écoles techniques. Ces jeunes deviennent des maîtres d’œuvres spécialisés dans les domaines qu’ils choisissent. Au Liban, je déplore une main d’œuvre étrangère qui pèse énormément sur une économie déjà fortement fragilisée. Nous souffrons, par ailleurs, d’un individualisme qui empêche les fusions qui seraient très importantes à l’échelle nationale.

Vous êtes très sollicité et vous suivez l’actualité avec beaucoup d’attention vu les lourdes responsabilités dont vous êtes chargé. Avez-vous malgré cela le temps de lire ?

Ma sœur Myriam Antaki est une auteure que j’apprécie tout particulièrement et qui  écrit des romans historiques. J’ai une préférence particulière pour «Souviens-toi de Palmyre» Editions Grasset 2003 et «La rue de l’ange» Editions Encre d’Orient 2015 , qui raconte l’histoire des chrétiens de Damas, et ceci depuis Saint Paul, …

J’aime son style chaleureux et les univers qu’elle décrit.  Ses œuvres sont mes livres de chevet. En octobre 2019, elle publiera un nouveau roman que j’attends avec impatience.

Les actualités, les magazines économiques et nouvelles spécialisées ne me laissent plus que très peu de temps. Celui qui me reste, je le passe avec mon épouse et ma famille. Nous aimons beaucoup les voyages et avons visité beaucoup de pays sur cette planète.

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Stand du LIBAN  PROWEIN 2019

Pouvez-vous revenir sur votre dernier voyage en Mars, avec l’Union Vinicole du Liban dont vous êtes le Président, à Prowein 2019 à Düsseldorf en Allemagne ?

J’ai toujours œuvré pour que nous ayons des stands LIBAN et non des stands individuels. La production de Vin au Liban est passée de 8 producteurs dans les années 90 à plus de 40 producteurs aujourd’hui. Participer à titre individuel à ces foires et expositions est très couteux. Quand nous faisons ceci à l’échelle du Liban, l’impact est plus fort et les coûts sont bien moindres. Même les grands producteurs de ce monde  se regroupent dans des stands par pays, France, Espagne, Nouvelle Zélande, etc, ce qui leur donne une force certaine.

Il est donc normal que nous ayons un stand LIBAN. 8 producteurs ont fait le voyage cette année. Le Salon qui fêtait ses 25 ans en Mars 2019 se dépasse d’année en année en nombre et en qualité. PROWEIN est devenu l’exposition la plus connue en Europe pour les Vins et Spiritueux. J’ai rencontré avec grand plaisir un nombre important de distributeurs, de producteurs, de clients et de professionnels. Le vin libanais est recherché et apprécié. Nous jouissons ainsi d’une grande notoriété.

La qualité du vin n’est pas en relation avec la quantité produite. Les petits producteurs sont invités à se joindre à nous et à se faire connaitre par les professionnels du secteur. Enfin, j’aimerai préciser que l’UVL reçoit des aides financières annuelles de la chambre de commerce et d’industrie et du Ministère de l’agriculture.

Oasis de Vie

Quel est l’objectif de votre dernier projet ‘Oasis de Vie’  pour les personnes du troisième âge ?

Oasis de Vie est un projet humanitaire et social qui est né d’une nécessité de venir en aide aux personnes ayant besoin de soins médicaux intermédiaires, aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer, aux patients dont le cas nécessite des soins palliatifs ou des soins de fin de vie, enfin et surtout aux personnes du troisième âge qui souhaiteraient finir leur vie dans un environnement chaleureux. Tout ceci se fait sous contrôle médical et la nouveauté de ce centre est certainement le club social où des soins de jour et un suivi quotidien sont donnés à toute personne qui le souhaite, toute personne que sa famille amènerait le matin pour reprendre le soir et qui sera accueilli dans un club muni d’une belle terrasse où un repas est servi, des animations sont organisées et les gens se rencontrent au lieu de rester seuls chez eux.

Cette facilité est ouverte aux personnes résidant dans le centre mais aussi du dehors. Les rentrées réalisées sont reversées à l’association. De même, les pertes éventuelles sont couvertes par elle. L’association étudie le cas des personnes démunies afin de leur fournir un soutien matériel partiel ou total. Nous ne cherchons pas le profit. Nous souhaitons seulement couvrir nos frais de fonctionnement. Nous sommes convaincus en tant qu’association que l’Oasis de Vie jouera un rôle social important que nous sommes fiers de remplir.

Rien ne remplace une visite sur le terrain où les personnes en charge de l’Oasis seront très heureuses de le faire visiter.

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